Pour les candidats malheureux au mariage

Ils ont 30 ans, ils ont tout pour séduire, ils sont pourtant toujours célibataires. Leurs parents, venus immigrer en France, ont souvent connu le mariage de raison. Eux rejettent ce modèle, non sans difficulté.

À la terrasse d’un café parisien, une jeune femme bronzée sirote un jus de fruits.
Nacera, 30 ans, était il y a encore quelques jours sur les plages grecques. Malgré sa bonne humeur apparente, elle est contrariée. « Avant de partir en vacances, je me suis encore disputée avec mes parents… Ils me reprochent de trop voyager. Pour eux, ce n’est pas comme ça que je trouverai le fameux mari !« , raconte-telle, les yeux ronds.
D’origine marocaine, cette petite brune très dynamique occupe un poste à responsabilités
qui exige beaucoup de disponibilité. Au grand désespoir de ses parents, elle n’a toujours pas la bague au doigt. Elle a, bien sûr, la liberté de choisir le partenaire de sa vie, mais on lui impose certains critères. L’élu doit être musulman pratiquant, « de bonne famille« , d’origine marocaine et avec une meilleure situation professionnelle qu’elle…
« Moi, je n’exige pas grand-chose. Un homme drôle, sensible, généreux et intéressant…
il est déjà très difficile de trouver quelqu’un qui me corresponde, alors si je dois ajouter le critère des origines, je suis foutue !
« , plaisante-telle.

Pression parentale

Enfin, à moitié. Drôle et très coquette, Nacera est plutôt fière de son parcours professionnel, mais « cette histoire de mariage [lui] gâche la vie. Je viens d’avoir 30 ans, j’ai envie de tout partager avec un homme, d’avoir un jour des enfants. Mais cette envie se transforme en stress« . Et la pression quasi quotidienne de ses parents n’arrange pas les choses: « Ma mère me rapporte systématiquement les anecdotes de la petite vie de famille de ma cousine, mariée avant moi… Comme si ça ne dépendait que de mon bon vouloir! »

Les parents de Nacera ne cessent de lui proposer des « candidats » qu’elle refuse systématiquement « Je veux vivre une véritable histoire d’amour! je tiens encore le coup. » Contrairement à ses amies d’enfance qui « sont tombées dans le panneau. Elles se sont mariées, ont eu des enfants, mais avec un homme qu’elles n’aiment pas« . Le mariage des enfants reste, pour les parents immigrés, une façon de créer un nouveau pont entre le pays d’accueil et celui d’origine. Investis d’une mission qui les dépasse, les jeunes Maghrébins vivent assez mal cette situation. « On tient malgré tout à ce que notre époux plaise aux parents, pour les rendre heureux. Le contraire serait une forme de trahison…« , avoue Nacera.
Si « se caser » est difficile pour les demoiselles, ce n’est pas beaucoup plus simple du côté des messieurs.
Lounès, 32 ans, est d’origine algérienne. Ce responsable marketing a longtemps cherché la perle rare. Il a établi un vrai plan d’attaque: « J’ai commencé à fréquenter les cafés chicha, les concerts de rai… Ce que je ne faisais pas du tout avant, raconte-t-il. Durant mon adolescence, et ensuite pendant mes études, je n’ai pas beaucoup
côtoyé de Maghrébine.
 » Pour les parents de Lounès, c’est chose entendue, il épousera une Algérienne. « Ce serait l’idéal, explique-t-il, mais ce n’est pas le plus important pour moi. Elle peut être marocaine, tunisienne, libanaise! Ce qui compte, c’est qu’elle soit musulmane, cultive et qu’elle me plaise physiquement… Mais c’est de très difficile ! »

Paradoxe. Pourquoi des Nacera ou des Lounès, qui ont, a priori, tout pour séduire, ne parviennent-ils pas à être heureux en amour ? Pourtant, ce dernier se donne du mal. « Je fréquente les sites de rencontres, je sors beaucoup, j’ai des cercles d’amis différents … En vain, et ce n’est vraiment pas drôle« , avoue-t-il.
Début d’analyse pour ce diplômé d’une grande école de commerce. « Sachant que c’est dans le cadre professionnel que l’on a le plus de chance de rencontrer quelqu’un, pour moi, c’est simple… Depuis que je suis sur le marché du travail, je suis à chaque fois l’un des rares Maghrébins de la boîte. » Une Maghrébine avant tout. Est-ce si important? Oui. répond sans détour Nizzar. Ce jeune homme svelte et décontracté, sort d’une déception sentimentale. Il vivait une histoire depuis huit ans avec une Française « de souche« . « Notre relation était basée sur l’ouverture, nous nous respections dans nos différences. Je l’avais présentée à mes parents qui l’avaient acceptée. »
Mais quand le couple aborde le problème de l’éducation des enfants, c’est l’incompréhension. « Elle a rejeté en bloc tout ce qui se rapportait à ma culture et à ma religion , l’islam. Ça a été un choc. » Et la séparation.
Aujourd’hui Nizar pense qu’il serait plus heureux avec une Française d’origine maghrébine, comme lui. « On se comprend mieux« , résume-t-il. Pour sa par, il ne subit aucune pression familiale sur l’origine de sa future femme. Aujourd’hui célibataire, il espère faire une belle rencontre, mais avoue ne plus y croire. « J’aime les Maghrébines, mais je les trouve compliquées ! Elles sont trop exigeantes. Elles n’accordent aucune attention à un garçon s’il n’a pas un bon travail, une belle voiture … Elles sont trop matérialistes. »

Internet appelé à la rescousse

Choisir un partenaire maghrébin, c’est un droit que revendique aussi sans complexe Louari Medjebeur, créateur du site de rencontres mektoube.fr avec son associé Thomas Nomaksteinsky. « Il n’y a rien de choquant à rechercher une personne de la même origine ou de la même culture. Cela n’a rien à voir avec le communautarisme. C’est un choix qu’il faut respecter. C’est comme ces personnes qui, sur Meetic, ne veulent ni Arabe ni noir. Ou celles qui ne recherchent que des grandes blondes aux yeux bleus. »
Trouver quelqu’un devient une opération minutieusement préparée. Les sites de rencontres communautaires cartonnent. Mektoube.fr, né en 2006, en est un bon exemple. Les deux créateurs trentenaires sont partis d’un constat commun : « Tous mes amis, femmes ou hommes avaient les mêmes difficultés à faire des rencontres sérieuses. Quoi qu’on dise, la question du mariage est centrale pour les Maghrébins de toutes les générations« , explique Louari Medjebeur.
Avec des mailings au titre accrocheur « Booste ton mektoube », le site rassemble plus de 300 000 inscrits avec une progression de 20% par mois « Notre visiteur type a entre 25 ans et 35 ans, travaille beaucoup, vit dans une grande agglomération et n’a pas beaucoup d’occasions de rencontrer des Maghrébines, relate Thomas Nomaksteinsky. C’est un fait, les rencontres entre jeunes cadres sont difficiles de façon générale, d’où le buzz autour de Meetic. Mais il y a une vraie demande chez les Maghrébins, à laquelle on veut répondre grâce à un outil simple et surtout sérieux« , ajoute-t-il. Mais attention, préviennent les entrepreneurs, « ce site n’est pas un moyen de se marier, mais de faire des rencontres« .
Le malaise est connu, installé et même analysé par ces célibataires . La difficulté de trouver chaussure à son pied dans la communauté maghrébine est telle que les jeunes s’organisent entre eux. Aîcha, 29 ans, s’est même donné la mission d’y remédier. Ses amis l’appellent « la fée clochette« .
Heureuse elle-même en amour, elle veut que tous ses amis le soient aussi. « Je me suis rendu compte que beaucoup de gens que je connaissais avaient exactement le même profil: trentenaires, célibataires, installés professionnellement? Je me suis dit qu’il fallait tout simplement qu’ils se rencontrent.  »

Méfiance et exigence

Ainsi Aîcha organise des dîners entre célibataires… « Ce n’est pas si facile que cela Il y a des attirances physiques, des échanges de numéros… mais ça s’arrête là, raconte cette jolie frisée J’ai bien étudié la question« , plaisante-elle avant de reprendre son sérieux. « Que ce soit du côté des garçons ou des filles, aucun ne se donne réellement la chance de découvrir l’autre. Dans chaque camp, il y a des a priori , des tests … Le garçon veut savoir très vite si la fille est ‘sérieuse’. La fille veut s’assurer que le garçon n’est pas un ‘blédard’ ou qu’il n’est pas déjà marié…  »
Chaque piège tendu, chaque test serait donc une chance de moins pour que l’histoire continue. Si on en croit l’expérience d’Aîcha, la personne recherchée doit être parfaite et entrer dans une petite case prédéfinie. Dommage, car c’est justement l’amour qui est censé faire baisser les armes.

Heureusement, ce phénomène est beaucoup moins fréquent chez les jeunes de la troisième ou quatrième génération. En accord avec leurs parents, ces petits-enfants d’immigrés sont plus à l’aise pour construire leur vie d’adulte. A suivre, donc.

6 Commentaires

  1. Salam
    Effectivement c’est un parcours du combattant de se marier aujourd’hui…

    Le plus difficile entendre sa mere dire » je prends de l’age j’aimerais etre grand-mere avant de partir »

    Le racisme je ne dirai pas qu’iel existe pas mais s’estompe je vois de plus en plus de couples mixtes musulmans et c’est agreable d’observer cette progression…je pense que cest seulement une « mefiance » de la part des parents…il faut perseverer…

    Je suis dans le même cas et je m’en remets aux mains d’Allah
    ( Le + difficile la pression famililale, se justifier en permanence, devoir rendre des comptes)

    Et sites de rencontres ne sont plus ce qu’ils etaient…

    Kaina

  2. Essalam Aleikoum.

    Le gros problème, il ne faut pas se voiler la face, est le racisme.

    Les blancs n’aiment pas les arabes, les arabes n’aiment pas les noirs et les noirs n’aiment pas les asiatiques etc etc..

    L’islam est une religion de pureté et non d’hypocrisie, temps que les gens ne diront pas la vérité alors rien ne pourra fonctionner.

    Je suis d’origine française et converti depuis Août 2006 et j’accumule les déceptions sentimentales parce que les familles de mes connaissances féminines ne veulent pas de moi parce que pour eux je resterais un français, un blanc, un kafir, etc.

    J’ai beau m’en remettre à Allah, j’ai confiance en LUI mais je perds confiance en l’être humain.
    Ce dernier est fourbe, hypocrite et raciste.

    Je cherche une soeur simple, douce, attentionné et droite. J’avoue que ma préfèrence ira vers une soeur d’origine Marocaine, mais ce n’est pas une finalité en soi.

    Que Allah vous guide tous et toutes, Amin

    Jibril votre frère d’islam

  3. Moi jai 32 ans e je travail e jne trouve pas de mec serieux pourtant je ne suis pas materialiste jveu juste un mec qui travail comme moi e pourtant que c dure !

  4. Bonjour a tous je me demande sui ce que je fait la ? La plus part des filles cherche un homme qui soit beau avec une belle voiture un bon poste. Et plutôt riche. Ben moi non je cherche juste une femme bien educe et qui a envie de vivre le restant de sa vie avec un homme qui la respecte et la cherire.

  5. Mouais pas facile les mariages entre Français d’origine maghrébine !

    C’est vrai que tout le monde se méfie de tout le monde ! Mais l’enjeu est tellement important et déception serait tellement grande en cas d’échec que ça rend les choses très compliquées…

    Comment savoir si les gens sont réellement sincères et sérieux. Beaucoup font semblant le temps de se faire accepter par l’autre, de le séduire et après on sait tous où ça nous mène…

  6. J’ai 30 ans ds 2 jours Inch Allah, vite un mari!!! je suis prtant sympa, éduquée, cultivée alors..c est la question que tt le monde me pose mais…Dine, hnine et zine c comme ça que je le veux, Qu Allah réunisse les gens de bien, c si difficile, ça existe encore weld nass? je sais plus quoi faire pr le trouver ou plutôt qu il me trouve, help

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