Mariage mixte : faut-il éviter le mélange des genres ?

En matière de couples ou de mariage mixte, la statistique retient pour définition l’union de deux personnes de nationalités différentes. Les « mariages mixtes » ont gagné du terrain en France. Selon l’INSEE, ces mariages mixtes représentaient 14% des mariages en 2015.

Il existe en amour des sujets épineux que de nombreux couples tardent à aborder.

Au centre de ces sujets, souvent, demeure la différence. Celle-ci est dans la plupart des cas, synonyme de complémentarité et peut faire de certaines unions de véritables modèles d’acceptation et de respect. Mais qu’en est-il des convictions que l’on juge souvent incompatibles et qui peuvent devenir sources de conflits ? Des différences qui peuvent parfois mener des couples, pourtant très amoureux, à leur perte. La différence de convictions religieuses, le plus souvent, représente un péril que beaucoup jugent insurmontable.
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«Je refuse de me convertir pour le mariage…»

François a rencontré Zeina à l’hôpital. Tous deux sont médecins urgentistes… Elle, d’origine kabyle. Lui, bretonne. Très vite, une romance naît entre eux. Le seul médicament à prescrire dans ce type de maladie d’amour : le mariage. Si l’harmonie règne au sein du couple, une fausse note menace cet accord parfait. Zeina est musulmane et François athée. « Je suis déchirée entre ma religion qui m’interdit d’épouser un non musulman, et mon mode de pensée… Je ne suis pas très pratiquante et ma lecture de la religion est très ouverte…  », confesse volontiers la jeune femme.

Comment le faire accepter aux parents ?

Mais quel est le vrai problème ? La position des parents de Zeina. Une piqûre de rappel s’impose : âgés de 70 ans, ses parents kabyles seraient « trop conservateurs » pour comprendre le choix de leur fille. « C’est évident, mon père vit très mal le fait que je choisisse d’épouser un non musulman. Ma sœur est mariée à un Français dit de souche. Cette union n’a été acceptée que parce qu’il était déjà converti avant de la rencontrer…» explique Zeina. De son côté, François comprend la position de sa fiancée car il fréquente beaucoup de musulmans. Pour autant, il n’est pas question de se convertir. « Je ne crois en aucune religion. Pourquoi  ferais-je semblant ? Nous sommes tous deux adultes et conscients, c’est à nous de faire nos choix et de les assumer. Je ne veux pas me mentir, ni mentir aux autres… » assène-t-il.

Le Halal pour sauver les apparences ?

Mais au nom de la paix des ménages, François a tout de même accepté de participer à une cérémonie religieuse, le Halal. Cérémonie très importante notamment pour les Algériens… « Nous nous sommes réunis avec toute sa famille, il y avait un imam qui a prié pour nous… C’était assez touchant mais cela n’avait pas plus d’importance pour moi», raconte François. «Je l’ai fait pour Zeina et pour ses parents». Cette cérémonie devait célébrer et symboliser – en quelque sorte – le devoir accompli par les parents de Zeina.  «Ils considèrent officiellement François comme mon mari et ils ne rentrent plus dans le détail de sa foi…» précise Zeina consciente qu’elle met juste un pansement sur les apparences. «Je sais bien que j’allège un peu ma conscience et qu’en agissant ainsi ce n’est pas islamiquement correct. Mais c’était la seule solution à envisager. François est un être généreux et bon, beaucoup plus que certains musulmans que je connais. J’espère que Dieu comprendra mon choix, et qui sait, peut-être voudra-t-il se convertir un jour ? »

Et vous en tant que musulmans, seriez-vous prêts à épouser un(e) non musulman(e) ?

Et vous, les non musulmans, seriez-vous prêts à vous convertir par amour ? A vos coms !

Le casse tête des traditions dans les « mariages mixtes »

On le sait bien, les mariages mixtes avec par exemple maghrébin d’un côté et français de souche de l’autre sont parfois difficiles à gérer. Mais les mariages entre Algériens/marocains, Marocain/Tunisiens etc le sont tout autant ! Et oui, ceux qui sont tous communément appelés les « arabes » sont en réalité très différents. Et le mariage cristallise ces complications. « Moi je me fous qu’elle soit marocaine, algérienne, libanaise !! Il est vrai que j’aimerai que ma future soit maghrébine ou arabe mais son pays d’origine n’est pas important« . Abdel, un célibataire d’origine marocaine a pourtant eu une expérience douloureuse. Il y a quelques années, il a demandé la main de Rajae sa petite amie tunisienne. Pour lui, il ne s’agissait pas d’un couple mixte « puisque nous parlons arabe et que nous avons la même religion« . Pourtant, Abdel n’était pas au bout de ses surprises. « Mes parents voulaient mon bonheur et ne se sont pas opposés à mes fiançailles… Par contre ils refusaient catégoriquement de s’adapter aux tunisiens. C’était à eux de s’adapter à nous !  » Le couple maroco-tunisien a en effet négligé l’importance des coutumes et des traditions. Elles peuvent vite virer au casse tête…  »
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